Buffy, cette petite part de moi

Pour les 20 ans de la première diffusion aux Etats Unis de Buffy, je vois fleurir sur internet les témoignages de ce que la série a apporté à la télévision, aux femmes, à l’humour, etc. Au risque de paraître égocentrique, je vais essayer de me distinguer en vous disant ce qu’elle m’a apporté à moi.

Tout d’abord, une précision.
Depuis que j’ai découvert Buffy à 12 ans, cette série ne m’a jamais quittée, et vice versa. Et à chaque visionnage, je la vis différemment, elle résonne en moi d’une nouvelle façon, elle s’accorde tout naturellement à ce que je suis en train de vivre.  Et c’est sa force : un message toujours cohérent, toujours actuel et toujours personnel.

J’ai tant de souvenirs associés à Buffy : je me souviens du jour où je l’ai découverte, par hasard sur M6 en plein épisode « Innocence », je me souviens d’avoir immédiatement été soufflée, je me souviens d’avoir eu mon premier crush sur Angel, je me souviens d’avoir passé des heures à la librairie en sortant du collège à lire des magazines sur Buffy jusqu’à me faire éjecter du magasin, je me souviens d’avoir passé des heures (sur un forfait internet à 2h par mois) à chercher des photos de mes personnages préférés, les imprimer et les coller dans mon agenda, comme une partie de ma famille, je me souviens d’avoir emporté des posters en vacances parce que l’idée de passer deux semaines sans Buffy sur mes murs était évidemment insoutenable, je me souviens d’avoir essayé de créer avec deux copines notre propre intégrale de Buffy sur K7 vierges (ce fut un échec), je me souviens d’avoir regardé en boucle la seule cassette que je possédais, je me souviens d’avoir pleuré parce que j’avais mal enregistré un épisode, je me souviens d’avoir passé mes samedis soir devant la trilogie du samedi…

Mais surtout, au fil des années où la tueuse m’a suivie, elle m’a façonnée en même temps que ma famille, que mon environnement, que ma culture. Sans m’en rendre compte vraiment, je l’ai laissée être une part de mon éducation. Et aujourd’hui, à 28 ans, 16 ans plus tard, je ne le regrette pas.

Et voilà pourquoi.

(Pour ne pas trop vous emmerder je vais insérer des vidéos. Il va de soi que je n’ai aucunement le droit de les utiliser).

Ce que Buffy m’a appris… sur la vie

  • On a le droit d’être différent

De Willow à Anya en passant par Andrew, Buffy présente des personnages décalés, hors du commun, bizarres. Et ce n’est pas grave. En grandissant aux côtés des personnages, j’ai compris que leur force est de ne pas tenter à tous prix d’être comme les autres. De ne pas compromettre qui ils sont, de se distinguer par leur différence.

  • L’empathie

Adolescente, à un moment où on a vite tendance à se tourner vers nous-même et penser que personne ne s’intéresse à notre vie, Buffy m’a appris que si les gens ne s’intéresse pas à vous, ce n’est pas forcément parce que les gens sont (tous) des connards égoïstes. Généralement, c’est surtout parce qu’ils ont déjà assez à faire avec leur vie de merde.

  • Parfois la vie c’est de la merde, sans raison.

Dans la saison 5, quand Buffy perd sa mère, ce n’est pas pour servir l’intrigue. Elle ne meurt pas des mains d’un démon, elle ne meurt pas en se sacrifiant, elle meurt, c’est tout. A travers un épisode brillant à bien des égards, j’y ai appris que parfois, la vie c’est de la merde et qu’il n’y a pas à y chercher de grandes explications, c’est pour tout le monde pareil.

  • Être fort, c’est se battre tous les jours

Le vrai message de la série, c’est que dans la vie, le plus dur, ce n’est pas de tuer un vampire, c’est de se battre un peu tous les jours, pour ses idées, pour ne pas céder à la facilité, pour ne pas abandonner, pour faire face.

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Ce que Buffy m’a appris… sur l’amour

  • Que l’amour passionnel est un conte de fée

L’histoire d’amour de Buffy et Angel était condamnée dès le départ : comme toute relation passionnelle, elle est très égoïste et fondée que sur l’attrait de l’interdit. En grandissant, Buffy comprend qu’aucun homme sur la terre ne vaut que l’on s’abandonne entièrement à lui. A une époque où les séries pour adolescentes nous montraient (et nous montrent encore – Twilight je parle de toi) des héroïnes prête à tout pour un homme, Buffy m’a appris que cet amour n’en est pas un.

  • Les plus belles histoires d’amour sont les plus simples

Et en conséquence, Buffy m’a donc appris que les plus belles histoires d’amour sont souvent les plus simples, les moins dramatiques, les plus communes. L’histoire d’amour la plus durable et la plus belle de la série est celle de Xander et Anya, car elle s’apparente à celle de n’importe quel couple. La déclaration de Xander à la fin d’Into the woods (en parallèle avec le drame que Buffy vit dans sa relation), est encore à ce jour pour moi l’une des plus simples et des plus belles jamais données dans une série télévisée.

  • Le sexe, ce n’est pas mal

Encore aujourd’hui aux Etats-Unis, rares sont les séries qui ne condamnent pas (d’une façon ou d’une autre) les relations sexuelles au lycée. Je suis heureuse d’avoir grandi avec la vision de Buffy. J’y ai appris, que tant que c’est partagé avec quelqu’un qui nous respecte et ne nous met pas de pression, le sexe, ce n’est pas mal. Et ça c’est rafraîchissant.

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  • Qu’on a le droit de faire des erreurs

Buffy m’a appris qu’en amour, quand bien même ça se passe mal, ce n’est pas forcément la peine de me remettre en question. Malgré son horrible première expérience lorsqu’elle couche avec Angel qui perd son âme, Buffy ne se fait pas culpabiliser par Giles. Elle n’a pas fait quelque chose de mal, elle a juste vécu.

 

  • A ne pas me précipiter

Au final, ce que j’ai retenu des histoires d’amour de Buffy, c’est de ne pas me précipiter. Si les histoires d’amour de jeunesse de Buffy ne fonctionnent pas, ce n’est pas qu’elle est moins bien que les autres, ce n’est pas qu’elle ne tombe que sur des cons, c’est juste qu’elle n’a pas fini de grandir. Et qu’il ne sert à rien de s’engager dans quelque chose de durable quand on n’a pas encore trouvé ce qu’on était nous-mêmes. A la fin de la série, Buffy prend la décision de rester seule le temps de se chercher, et c’est un message fort.

Comment Buffy m’a appris… à être une femme

Et évidemment, comment parler de Buffy sans parler de ce qu’elle m’a appris sur mon propre statut de femme. En grandissant, elle n’était évidemment pas mon seul rôle modèle mais je suis heureuse qu’elle en ait fait partie. Car il n’y a pas une seule de ces leçons que je renierai aujourd’hui. Elle m’a appris…

  • A être indépendante

Buffy m’a appris, en grandissant, à savoir compter sur moi. A faire en sorte que mon bonheur et mon épanouissement dépende de moi. Elle m’a appris à mener mes batailles et ne pas les laisser combattre par les autres. Elle m’a appris à être une personne entière, indépendante.

  • Qu’être forte n’empêche pas d’avoir des émotions

A bien des moments dans la série, Buffy se laisse submerger par ses émotions, et ça ne la rend pas moins forte. Trop souvent dans les fictions présentant des personnages féminins très forts (Xena, la veuve noire, Scully), ces dernières sont trop souvent froides, calculées. Buffy m’a appris au contraire qu’une femme forte ne refoule pas ses émotions, elle les confronte et s’en sert.

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  • Qu’être une femme forte ne veut pas dire ne pas être féminine

Buffy m’a appris qu’il n’est écrit nulle part qu’une femme forte, indépendante et badass n’a pas le droit d’être girly. Elle tue des vampires, sauve des vies mais ça ne l’empêche pas de vouloir faire des choses futiles comme faire du shopping ou se coiffer. Et c’est peut-être même une de ses qualités les plus féministes : elle ne rentre dans aucune case, elle fait juste ce dont elle a envie.

  • De n’accepter d’être marchée dessus par personne

Buffy ne se laisse pas marcher dessus. Par personne. Elle m’a appris de ne pas accepter d’être dégradée, insultée ou minimisée. En cette période de journée de la femme, ce message est plus que jamais retentissant.

  • Que les femmes sont encore plus fortes quand elles s’unissent

Enfin, bien-sûr, Buffy m’a appris que les femmes ne gagnent rien à se battre entre elles. Le message final de la série, le plus symbolique, c’est Buffy qui distribue son pouvoir à toutes celles qui le souhaitent, qui passe le flambeau aux femmes qui sont prêtes à être fortes. Il y a 13 ans, Buffy et son créateur Joss whedon nous suppliait de nous unir et aux vues de l’éveil féministe de ces dernières années, leur message semble avoir été entendu.

 

Voila les messages que j’ai décidés de garder de Buffy. Cette liste est infinie, à chaque visionnage, j’en découvre un nouveau.

Mais 20 ans après sa première diffusion, il n’y a pas une leçon apprise dans la série qui sonne faux, et c’est la raison pour laquelle je serais heureuse de la montrer aux générations futures.

Ce sera toujours ça de moins à leur apprendre moi-même.

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