HIMYM – Et Ted devint le héros de la série

 

« To Ted Evelyn Mosby. A man with more emotional endurance than anyone I know. It was a long, difficult road. Thanks God ! We finally got here »*

Lily Aldrin – Last Forever (9.23-24)

© CBS

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Il est préférable (mais pas indispensable) d’avoir vu le dernier épisode de How I met your mother avant de lire cette critique.  

Neuf ans, 206 épisodes et plus de 70 heures de récit plus tard, Penny, Luke et nous savons enfin comment Ted Mosby a rencontré la mère de ses enfants. Dans la pure tradition de la série, je pense que chaque spectateur arrivé jusque là, malgré les obstacles et les années, peut s’autoriser un bon, gros self high five. C’est quand même un sacré bon de chemin qu’on vient de faire.

Ceci étant dit, qu’en est-il de ce series finale ? Je pense n’avoir jamais vu une conclusion aussi fidèle à l’esprit d’une série. C’est simple, il comporte toutes les qualités et les défauts reprochés à HIMYM depuis cinq ans. La bonne nouvelle, c’est qu’il est impossible de crier à la trahison. La mauvaise, c’est qu’il est difficile d’être agréablement surpris.

« Last Forever » offre une multitude de scène de la vie du groupe de 2005 à 2030. Les jeux avec la structure narrative ont été et restent la force du show depuis le début. Aussi, la dernière heure de la série propose des bonds dans le temps qui tissent les derniers détails de l’histoire de Ted. Subtils, émouvants et drôles, on ne se perd jamais entre ces moments qui apportent de vraies conclusions à la série. Si le récit aura fini par tirer en longueur au cours de ces neuf saisons, ce procédé narratif aura permis de garder de la légèreté et de la finesse jusqu’à la toute fin.

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Alors que la promesse du titre tourne autour de 3 entités (Ted, ses enfants et leur mère), il est à noter que Ted (et a fortiori sa famille) n’a été que rarement le personnage principal de la série. Très vite, il aura été éclipsé par Marshall et Lily, couple solide et amis fidèles, garants du modèle traditionnel de la famille, puis par Barney, le séducteur insatiable, aux répliques hilarantes avant de se faire voler la vedette par le couple Robin/ Barney, duo contemporain à la recherche d’un modèle. Il aura fallu attendre ce dernier épisode pour que Ted Mosby devienne le héros de sa propre histoire. Pendant que les autres personnages vivaient leur vie, lui s’accrochait à ses fantasmes, à l’image d’Epinal de sa compagne idéale. Ted, le romantique, le croyant, le rêveur en était devenu un personnage sans relief, un peu ridicule. Lorsqu’il décide de sortir de sa fiction, il commence à vivre et à être le héros de l’histoire. La symbolique est représentée : c’est lorsqu’il arrête de lire son livre sur le quai de la gare et qu’il se décide à aller parler à sa future femme que tout commence pour lui (et finit pour nous).

On a ainsi droit à voir des bribes de sa vie avec Tracy, la mère de Luke et Penny jusqu’à la révélation qu’en 2024, la mère décède. Après toutes ces années à l’attendre, on peut regretter que sa sortie soit si rapide (d’autant que le duo Josh Radnor / Cristin Miloti donnait un nouveau souffle à Ted) mais je crois que les scénaristes et créateurs ont pris la meilleure décision possible pour sortir la tête haute et justifier de trop longues digressions. Les scènes où l’on voit Ted et Tracy sont rares mais précieuses. La palme revient à celle de leur rencontre (la fameuse !!) sous le parapluie jaune. Le dialogue est un pur moment de grâce. Ils ont également réussi à offrir une belle conclusion à Marshall et Lily ainsi qu’à Barney qui nous offre une des scènes les plus belles de la série quand il prend pour la première fois sa fille dans les bras. Pour moi, Barney est le personnage le plus abouti de la série.

Là où le bât blesse concerne tout ce qui touche à Robin. Après son divorce avec Barney, elle devient la « cinquième roue du carrosse » et ne supporte plus d’évoluer auprès de ses amis. Elle va donc s’investir complètement dans son travail jusqu’à finir par vivre seule avec une meute de chiens. Robin, belle à tomber, talentueuse, drôle, sera seule jusqu’à ce que le mec qu’elle a rejeté maintes et maintes fois revienne vers elle… parce qu’il est veuf !! Le but est clairement de vendre Robin comme la femme de la vie de Ted et Tracy comme la mère de ses enfants mais je ne peux cacher ma déception de les voir finir ensemble. La scène avec le cor bleu m’a moins émue que le générique avec leur photo. Même l’écran noir avec le titre de la série était émotionnellement plus engageant que cette vieille histoire de cor bleu. Certains y verront l’œuvre du destin et se réjouiront du côté romantique de leur relation, j’y vois surtout la facilité dans laquelle Carter Bays et Craig Thomas ont plongé tête la première. À mon avis, Ted, Robin et surtout, nous spectateurs, méritions mieux.

 

© CBS

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En 9 ans, How I Met Your Mother m’a (beaucoup) fait rire, m’a (pas mal) émue, m’a (trop souvent) agacée et m’a (parfois) déçue. Dans toute sa perfection et son imperfection, elle tient le rang de sitcom de référence de cette dernière décennie. Même si la comparaison n’a que peu de valeur, HIMYM sera allée plus loin que son aînée Friends et laisse, à son tour, une marque indélébile dans le cœur et la culture de toute une génération. En attendant la prochaine sitcom, merci Carter et Craig et surtout MERCI à Josh Radnor, Jason Segel, Neil Patrick Harris, Alyson Hannigan et Cobie Smulders d’avoir merveilleusement interprété cette jolie fable. It was legen- no need to wait anymore – dary !

JM

* À Ted Evelyn Mosby, l’homme qui a plus d’endurance émotionnelle que n’importe qui d’autre. Ce fut une route longue et ardue. Dieu Merci ! Nous y sommes enfin !

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