Lazy Company – « Recommence et tâte mieux »

À la fin de la saison 1, la Lazy Company avait laissé filer Hitler tenant en otage de Gaulle. Mus par un désir de vengeance et leur sens du devoir, les 4 guignols de l’armée américaine vont devoir affronter de nouveaux dangers et vivre de nouvelles aventures pour contrecarrer les plans du Fürher , en possession de la bombe atomique et d’un certain Albert Einstein.

 

© Empreinte digitale / Six pieds sur terre

© Empreinte digitale / Six pieds sur terre

Lazy Company est de retour pour une deuxième salve d’épisodes. La meilleure série française de l’année 2013 (oui, oui, n’ayons pas peur des mots) nous avait laissés sur une fin prometteuse et décalée : l’enlèvement de Charles de Gaulle par Adolf Hitler. Pour cette deuxième saison, il s’agit donc d’être à la hauteur du récit inspiré mis en place.

Pour ces nouveaux 10 épisodes, la série se veut plus ambitieuse et profonde. En effet, si jusqu’à présent, il avait été question de rire grassement de la bêtise des soldats de la Lazy Company, on nous rappelle qu’ils évoluent en temps de guerre. Cette saison est donc plus sombre, plus dramatique et s’aventure même sur des thèmes dérangeants comme la torture, le cannibalisme ou les morts-vivants.

En parallèle, elle fait preuve de plus d’émotion : si on les voit faire face à la perte d’un compagnon, une place importante est accordée à l’amour : celui qu’on a perdu, celui qui n’est pas réciproque, l’inavoué etc… Traité avec intelligence, cet aspect donnera de la matière à deux excellents épisodes de la saison : « Petits secrets » (2.03) qui reprend tous les codes du genre noir quand Niels tente de ressusciter Isla et « Le Condamné » (2.04) où on plonge dans le journal intime de Chester (toujours joliment interprété par Alban Lenoir).

En parlant d’acteurs, ce que la série de Samuel Bodin et Alexandre Philip réussit le mieux c’est la mise en scène des personnages historiques. Ainsi, ils n’hésitent pas à égratigner le héros de la France Libre pour en faire un général mou et lourd et Albert Einstein devient un scientifique grincheux et pointilleux. La palme revient à Quentin Baillot, interprète de génie d’Adolf Hitler. Sa personnification du dictateur allemand représente le nectar de la série: décalée, inspirée, drôle, sans jamais être dans la surenchère (sans oublier un déhanché d’enfer), Hitler fait tout le sel de cette saison. La force de la série réside dans le fait qu’elle s’assume tout en ne se prenant pas au sérieux. Lazy Company n’a peur de rien (la dernière scène du dernier épisode le confirme)

On peut ne pas toujours être d’accord avec les choix humoristiques de la série (les amateurs d’humour potache seront ravis, les autres prendront leur mal en patience) mais il faut reconnaître que Lazy Company est une des créations les plus originales et réussies que propose la fiction française. En plus de faire preuve d’une créativité réjouissante et d’une imagination sans limite, elle propose une réalisation sublime. Samuel Bodin, l’homme aux manettes, offre une image léchée, recherchée et impeccable qui fait honneur à l’univers loufoque de la Lazy. Avec l’aide d’une photographie incroyable (un big up au directeur photo Philip Lozano), Lazy Company, c’est aussi une belle série à regarder. BOUYYYAH !!

JM

Lazy Company, tous les lundis sur OSC City à partir du 31 mars 2014

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