« This is my design » – Encore une préquelle, encore une adaptation, encore un tueur en série, encore ‘CE’ tueur en série.

C’est avec un peu de retard que je vous fais ma critique de la nouvelle série de NBC, Hannibal. Ne m’en voulez pas, en ce moment mon calendrier est un peu chargé et je n’ai même pas pu aller au Festival Séries Mania… Bref, revenons à nos moutons et parlons donc d’Hannibal.

L’avantage d’avoir « attendu » pour faire cet article est que j’ai pu visionner les trois premiers épisodes de la série, et j’aime assez le fait que mon point de vue ne soit pas uniquement basé sur le pilote. Je sais que ça ouvre un grand débat, mais il est pour moi très difficile de juger une série uniquement sur son pilote car il n’est pas nécessairement le reflet de la suite.Cela se vaut également parfois pour la première saison en entier. Mais ne nous lançons pas sur cette voie-ci, sinon je vais finir pas ne jamais vous parlez d’Hannibal alors que finalement j’en ai bien envie.

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Hannibal, encore ?

Qui ne connaît pas Hannibal de nos jours ? C’est vrai quoi, on a tous entendu parler de ce tueur en série qui a pour habitude de déguster ses victimes après coup. Même si nous n’avons pas vu les films, on connaît plus ou moins l’histoire de ce cannibale machiavélique. Un peu comme Norman Bates, finalement. Pour faire bref, Hannibal Lecter a d’abord été créé sous la plume de Thomas Harris tout d’abord avec le roman Dragon Rouge qui a connu  deux sequels, Le Silence des Agneaux et Hannibal ainsi qu’un prequel, Hannibal : Les Origines du Mal.

Tous ces romans ont été adaptés au moins une fois au cinéma, et différents acteurs ont eu la chance d’endosser les traits du célèbre psychopathe, cependant c’est  la première fois que son histoire est adaptée au format série télé. On peut donc se poser la question, si l’utilisation de ce nouveau format peut apporter quelque chose de nouveau à l’histoire du cannibale.

 

Hannibal, mais quand, et pourquoi ?

Dans l’histoire que raconte la série, on se trouve avant Le Silence des Agneaux, on peut considérer la série comme une préquelle. De plus la série se base sur les personnages et certains éléments développés dans Dragon Rouge.

De fait, Hannibal Lecter n’est pas connu pour être un dangereux psychopathe cannibale, mais plutôt comme Dr. Lecter, un psychiatre, et la série raconte la relation particulière qu’il va développer avec Will Graham, un agent du FBI assez spécial, qui devient un patient du Dr. Lecter. En effet, Will Graham est « spécial » car il a un lien tout particulier avec les tueurs en séries : la combinaison de sa grande empathie pour les tueurs en série, de sa mémoire photographique et de sa impressionnante imagination, lui permet de recréer les crimes dans sa tête et de comprendre ce qui s’est passé. Il possède un lien tout à fait spécial avec les tueurs en série. Dans la série, cela est décrit comme était une forme d’autisme, et c’est son instabilité qui va pousser son supérieur à le faire consulter le Dr. Lecter.

Hannibal, par qui et avec qui ?

Il s’agit donc d’une série créée par Bryan Fuller (Dead Like Me, Pushing Daisies) avec danqs les rôles principaux : Hugh Dancy (The Big C) dans le rôle de l’agent du FBI Will Graham, Mads Mikkelsen (La Chasse, Casino Royale) dans le rôle d’Hannibal Lecter ainsi que Laurence Fishburne (Matrix, Les Experts interprétant le rôle de l’agent spécial du FBI Crawford en ce qui concerne le cast masculin. Pour le cast féminin, on retrouve : Caroline Dhavernas (The Pacific, Off The Map) dans le rôle du Dr. Alana Bloom, qui est une profileuse consultante pour le FBI et très protectrice de Will, ainsi que Hetienne Park (Young Adult), agent spécial Beverly Katz.

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Hannibal, c’est comment alors ?

En regardant le pilote, il est possible de se poser la question au bout de 10 minutes, mais c’est la série Hannibal que j’ai lancée ? Parce que finalement pendant la majeure partie du pilote, Hannibal Lecter est tout simplement absent.

Certes il y a eu des crimes de commis, mais ils ne semblent pas avoir été commis par notre ami cannibale. C’est donc à ce moment-là qu’on se rend compte, qu’Hannibal n’est pas réellement le personnage principal de cette série, finalement c’est Will Graham, personnage tout aussi fascinant, grâce à ce lien particulier qu’il a avec les tueurs en série. Ce n’est pas un héros non plus, on sent qu’il a ses propres démons qui le poursuivent.

Cependant, le Dr. Lecter fait son entrée de façon magistrale, visage dans l’ombre, attablé de manière très cérémoniale en train de déguster un plat à base de « viande »… pas de doute, c’est Hannibal, et ce qu’il mange ce ne sont sûrement pas des travers de porc.

Dans le pilote j’ai trouvé le jeu des acteurs vraiment très bon et leurs personnages intéressants. Les scènes entre Graham et Lecter sont de loin les plus intéressantes à regarder, leur relation se déploie petit à petit et Graham fait de plus en plus confiance à Lecter, et on sent un lien se créer entre les deux. J’aime vraiment voir cette relation évoluer à l’écran.

Cependant, en regardant le 2e puis le 3e épisode j’ai trouvé que les personnages secondaires n’étaient pas si intéressants que ça en y regardant de plus près. Ils manquent de profondeur, on dirait qu’ils n’ont qu’un seul trait de caractère et une unique volonté dans la vie ce qui les rends fades et pas trop crédibles. Quand je dis ça je pense notamment à la journaliste qui est présentée comme une femme prête à tout pour arriver à ses fins, quitte à « utiliser » les gens sur sont passages, y compris les victimes. Elle est la représentation d’une journaliste sans âme, prête à tout pour décrocher un scoop, on n’éprouve aucune empathie pour elle, on aurait (presque) voulu qu’elle devienne l’entrée du Dr. Lecter.

Mis à part ça, la réalisation est quasi-parfaite, avec une mise en avant d’une violence très stylisée, notamment pendant les « reconstitutions » ou les rêves de Will. D’ailleurs je trouvais ça étonnant qu’on ait autant de détails visuels violents dans une série de network, il y a quand même certaines scènes qui nous donneraient bien envie de vomir parfois, je ne voudrais pas spoiler donc je ne dirais qu’une chose : champignons.

En regardant le 2e épisode on découvre un mini générique, vous savez comme c’est à la mode maintenant. Le générique en lui-même n’était dérangeant, il sert uniquement à annoncer le titre de la série, avec encore une fois une image très stylisée de « visage imaginaire » qui se recouvre de sang. Il est accompagné d’une petite musique, que j’ai trouvée décevante pour le coup, car je ne la trouve pas assez marquante. Ce n’est pas le genre de musique qui va nous rester dans la tête ou que l’on pourra siffloter en essayant de faire découvrir à nos amis de quel générique de série il s’agit. Pour ma part chaque série devrait avoir sa « theme song ».

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Hannibal, et les autres tueurs en série ?

Je conclurai cet article en faisant une petite comparaison d’Hannibal avec les autres séries du moment qui s’intéressent aux tueurs en série, et Cult ayant été annulé, je ne parlerais ici que de The Following et de Bates Motel.

Maintenant que j’ai vu plusieurs épisodes de toutes ces séries, je suis capable d’en voir les grandes distinctions, et d’estimer laquelle je préfère. J’avais été plutôt séduite par le pilote de The Following malgré le fait qu’il regorge de clichés du genre et je dois avouer que ça ne s’est pas amélioré au fil des épisodes, et que plus les semaines passent et moins je suis intéressée par toute cette histoire. Bates Motel, au contraire, qui posait de vraies réserves quant à la « création » de l’enfance de Norman Bates, cependant la série est fièrement portée par les deux acteurs principaux qui nous offrent de très très bonnes prestations chaque semaine. Ce qui créé un assez grand contraste avec The Following, où je trouve notamment l’interprétation de James Purefoy assez mauvaise et exagérée. Le fait est donc, que Bates Motel est porté par ses acteurs, et qu’en cas de storylines moins efficaces, cela passe mieux.

J’aurai donc tendance à dire qu’Hannibal se rapproche plus de Bates Motel que de The Following sur plusieurs points :

  • Il s’agit d’une préquelle
  • Les deux mettent en scène un tueur en série très connu
  • Les acteurs en tête d’affiche nous offrent des interprétations extrêmement bonnes et convaincantes
  •  L’ambiance plutôt lente et angoissante (contrairement à The Following qui enchaîne les courses-poursuites, les attaques et les meurtres par-ci, par-là).

Pour l’instant Hannibal se distingue bien des autres séries du genre qui sont sorties en ce début 2013. On est plus dans le thriller psychologique parfois même à la limite du film d’horreur. Il me semble que j’ai donc une légère préférence pour Hannibal, qui m’intrigue plus que Bates Motel. Cependant cela peut être aussi dû au fait que j’ai vu les différents films mettant en scène Hannibal Lecter alors que je n’ai (toujours) pas vu Psychose.

La minute awwww : Excusez-moi mais je ne peux pas résister au fait de mentionner toute la cuteness des scènes entre Will et tous ses chiens. Et toutes les scènes avec Will en fait.

MLC

 

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Une réponse à “« This is my design » – Encore une préquelle, encore une adaptation, encore un tueur en série, encore ‘CE’ tueur en série.

  1. Bonsoir, globalement, je ne partage pas cette analyse de la série.
    Je trouve que les personnages sont très proches de ceux du canon (y compris pour Freddy Lounds, la reporter (justement prête à tout qui dans le canon était un homme) et Jack Crawford, à cheval entre son poste qui le met en position d’utiliser le potentiel de Will au Maximum sans regard pour celui-ci et la relation d’amitié qui le lie à celui-ci.
    Je trouve que la série reprend très bien la façon dont Will se met dans la peau des meurtriers dans chaque affaire et aussi à quel point ça le détruit à petit feu.
    Les phrases du Dr.Lecter sont toujours à double sens et d’un calme imperturbable.

    Un des problèmes majeurs, à mon avis, est que le public connait d’avantage LE SILENCE DES AGNEAUX que LE DRAGON ROUGE.
    Or il est évident que vu la durée qui sépare les deux périodes, et les expériences vécues par les protagonistes, les personnages ne réagissent pas pareil. On traite ici de leur jeunesse, ils ne peuvent donc pas prétendre à la même maturité.

    J’aime, ce micro générique où l’on ne nous montre rien que des impressions de faciès en 3D révélés par des flots de liquide translucide rouge. Voilà qui tranche justement avec les séries qui ont une « Thème song ». Nous ne sommes pas dans DEXTER avec une petite mélodie Hawaïenne pendant que le héros résume ses pensées, ni dans THE FOLLOWING avec un thème rythmé pour les scènes d’action.

    Ici c’est l’obscurité.
    Ici tout est froid. Nous traitons de Cannibalisme, de vagues sons raisonnent pour nous mettre mal à l’aise. Et on en redemande.

    En ce qui concerne BATES MOTEL. Je pense que tu devrais voir Psychose avant tout. Et la direction que prend le scénario ne m’intéresse plus du tout.

    THE FOLLOWING s’annonçait prometteur les premiers épisodes mais est retombé comme un soufflé, à vouloir faire du suspens à chaque épisode, les personnages tournent en rond et leurs moyens ne sont même plus crédibles.

    Mais tout cela n’est que mon humble avis.

    Bonne soirée.

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