Banshee, la série qui sent le vestiaire mais pas que

Antony Starr aka Lucas Hood. Ici la tête du content/pas content/en colère/ apeuré/ jaloux© Cinemax

Antony Starr aka Lucas Hood. Ici la tête du content/pas content/en colère/ apeuré/ jaloux © Cinemax

Un voleur sort de prison après une peine de 15 ans et tente de retrouver sa complice et ex-fiancée, Anastacia qui détient le butin de leur dernier casse. Déterminé à retrouver ce qu’il a perdu, il se fait passer pour Lucas Hood, nouveau shérif de Banshee, petite ville de Pennsylvanie où Anastacia se cache sous une autre identité. Protégé par son étoile de shérif, il compte faire respecter sa vision de la loi et de la justice, dans une ville qui sous ses apparences est loin d’être paisible…

Series premiere. A la 34ème seconde, le héros sort de prison. A 1 minute, il couche avec une serveuse dans la réserve d’un bar. 1 minute et 20 secondes, il vole une belle voiture. Il faudra attendre un peu plus de 60 secondes (et le puissant ronronnement d’un moteur de bagnole) pour avoir la première phrase de la série. Ce sera le « Fuck me ! » de Job, travesti asiatique, propriétaire d’un salon de coiffure à New York. Par la suite, ça se canarde dans les rues de la Big Apple et même qu’à 5 minutes et 24 secondes, un énorme bus déraille et s’effondre sur le bitume, manquant tout juste d’écraser notre héros fraîchement sorti de prison. Puis, après une course poursuite, le héros enjambe une moto volée et s’en va, tel Raino Raines sur les routes de l’Amérique profonde.

Voilà donc le début de Banshee, nouvelle série diffusée sur Cinemax, petite sœur de HBO et produite par Alan Ball (Six Feet Under, True Blood). Les minutes qui suivront jusqu’au générique de fin de ce series premiere confirment que Banshee est une série d’hommes (j’aurais même envie de dire de « bonhomme ») dont la subtilité n’a d’égale que la palette d’émotions d’Anthony Starr, interprète de Lucas Hood. La violence, le sang, le sexe et l’alcool sont rois au fin fond de cette petite ville de Pennsylvanie et rythment la vie des bons habitants de Banshee.

Si on gratte le vernis de cette fresque « redneck », on trouve une série bien plus profonde qu’elle n’y parait. Ainsi, on explore le thème de l’intégration de l’autre : indiens, WASP, Noirs, Amish…toutes ces communautés cohabitent à Banshee et ne comptent pas sacrifier leurs traditions. Chacun cherche à trouver une place, une fonction dans laquelle il sera bien et pourra servir ses intérêts : Kai Proctor, le grand méchant de la ville n’est qu’un fils renié par ses parents et sa communauté, Dan Kendall, le maire de Banshee est un tout jeune homme qui tente d’imposer sa vision idéaliste de la justice, Rebecca Bowman, jeune Amish et nièce de Proctor tiraillée entre les traditions familiales et son envie de vivre sa vie…Il leur faut trouver un équilibre entre ce qu’ils sont et ce qu’ils peuvent être au sein de Banshee.

Au fil des 8 épisodes, l’intrigue s’intensifie et se précise. Chose rare pour une série de la mi-saison 2013, tous les épisodes apportent leur pierre à l’intrigue globale de la série et on n’a jamais l’impression de faire du sur-place. Les pistes pour la saison 2 sont déjà tracées et on se surprend à être impatient de la voir.  Si les personnages tapent, boivent, insultent et trichent sans arrêt, que chaque épisode a sa grande scène de sexe (Cf. Le cunnilungus du bon M. Hopewell à (la bonne) Mme Hopewell), c’est pour mieux nous immerger dans cette ville où les liens et les personnages sont bien plus complexes que sur le papier. Dans cette déferlante, les personnages secondaires trouvent parfaitement leur place aux côtés du héros.  (Mention spéciale pour Job : si vous avez aimé Lafayette dans True Blood, vous adorerez Job) et on s’imprègne facilement de l’atmosphère moite et ringarde de Banshee, cette nouvelle « ville du grand secret ».

Alors, si au prime abord, Banshee est une série où ça castagne et dont le héros est un personnage que l’on pourrait réduire potentiel candidat pour un stage de gestion de colère, je vous invite à regarder cette série bien faite, bien écrite et, la plupart du temps, bien jouée. Certes, Banshee ne révolutionne rien mais fait ce qu’elle a à faire avec une certaine efficacité.

Une mention trèèèès spéciale à Ivana Millicevic qui donne de son corps (littéralement) dans presque tous les épisodes.

JM

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