La Lazy Company : de la bon série où on bon rit

Avant de commencer, je dois vous avouer que je ne suis pas une grande fan de la série de guerre. En 2002, je m’étais intéressée à Band of Brothers plus pour voir l’œuvre de Steven Spielberg et de Tom Hanks que pour la série en elle-même. J’avais suivi quelques épisodes et puis, m’en étais allée vers d’autres univers fictionnels plus proches de ma sensibilité…c’est-à-dire Roswell.

Alors, forcément, lorsque j’ai eu l’opportunité de voir la première saison de Lazy Company, j’étais d’abord sceptique puis quand j’ai su que c’était une production française (cocorico ! ), la crainte et la curiosité se sont ajoutées au scepticisme. Curiosité puisque le pitch de la série parlait de « Quatre soldats […]maladroits, un peu lâches, attachants […] qui sans le faire exprès, vont changer le cours de l’Histoire » et que j’adooooore les histoires qui tournent autour d’antihéros. Je vois davantage en cette compagnie des héros décalés ; des hommes ordinaires qui vont jouer un rôle essentiel dans un projet qui les dépasse.

Devant le sergent Chester (Alban Lenoir), le caporal Niels (Alexandre Philip), le soldat Henry (Antoine Lesimple) et Slice (Benoit Moret), je n’ai pu m’empêcher de voir des versions améliorées et moins naïves de Fabrice Del Dongo, héros malgré lui de La chartreuse de Parme (Partez pas, partez pas, c’est promis c’est pas chiant!) dont voici une des rares réflexions pertinentes : « Serai-je un de ces grands courages comme à l’antiquité ? Suis-je un héros sans m’en douter ? ». Je ne sais pas trop si Fabrice est un héros (surtout vu le traitement réservé par Stendhal mais on s’éloigne du sujet) mais les hommes de la Lazy Company le deviennent tout au long des 10 épisodes de cette première saison.

© Empreinte Digitale / Six pieds sur Terre

© Empreinte Digitale / Six pieds sur Terre

Dans l’émission « Saison 1 Episode 1 » de Pierre Langlais, j’avais déjà eu l’occasion de dire que je n’avais pas apprécié les gags récurrents dans les premiers épisodes. Voir le sergent Chester marcher sur des mines à longueur de temps m’a passablement agacée. Sans parler de l’utilisation de l’hélium… Si, comme moi, vous n’êtes pas toujours réceptif à un humour potache et au comique de répétition, sachez que ça vaut le coup de rester puisque l’humour dans la deuxième partie de la saison y est plus fin et plus agréable.

« Glissons, n’appuyons pas ». C’est ce que préconisait Stendhal quand il parlait de l’œuvre du compositeur Gioacchino Rossini. Même si le monsieur avait du mal à appliquer cette maxime à son propre travail, je crois qu’il avait raison et que ça s’applique aussi à ce que j’ai ressenti devant Lazy Company. Quand la série cesse « d’appuyer » avec un humour répétitif dont on voit les ficelles (vous vous avez vu tous les efforts que je fais pour ne pas utiliser le mot « lourd ») pour « glisser » et nous permettre de mieux comprendre la personnalité et la psychologie des personnages, elle devient tout simplement excellente. Je suis parvenue à m’attacher aux personnages et à la série lorsque j’ai eu l’impression qu’ils ont arrêté de vouloir me faire rire pour me raconter une histoire qui, par son écriture, son originalité et ses personnages, suffisaient amplement à me ravir.

Je pourrais parler des références à d’autres séries et films. Je pourrais parler de la performance des acteurs qui incarnent Hitler et Churchill. Je pourrais également parler des retournements de situation et de l’évolution des personnages mais je préfère  laisser Alexia vous expliquer pourquoi-si-jamais-vous-regardez-pas-Lazy Company-vous-êtes-trop-des-never-been (et aussi, vous parler de son amour pour Benoit Moret)

Lazy Company est une belle réalisation française. De l’image à la musique en passant par les dialogues et les personnages tout est bon, et même très bon. C’est une série ambitieuse, décalée, drôle mais surtout réussie qui laisse entrevoir que Samuel Bodin et Alexandre Philip sont capables de transformer le paysage fictionnel français. (Rien que ça, les gars)

Minute « Ah bah mince alors » : Dans ce festival d’acteurs très doués, chapeau bas à Thomas VDB que je ne connaissais que comme animateur de l’Hebdo Musique Mag et qui se révèle être l’excellent interprète d’un soldat allemand, étonnant de la première minute où il apparait au dernier épisode de la saison.

J.M.

LAZY COM - ZFREEZE SLICE © Empreinte Digitale - Six Pieds sur Terre

Une fois n’est pas coutume, je vais me permettre de compléter les propos de Jessica.

Si on vous bassine avec la Lazy Company, c’est pas parce qu’on a des potes chez Orange. C’est parce que pour moi, c’est la série de la rentrée 2013. Regarder la série d’Alexandre Philip et Samuel Bodin c’est comme les regarder en plein délire dans une soirée entre potes. Un humour à la fois potache et absurde. Des épisodes truffés de références, et une ambition parfaitement réalisée de développer des personnages multidimensionnels dès le premier épisode.

Certains y voient la relève de Kaamelott, je préfère y voir l’aboutissement d’une création qui aurait digéré et utilisé intelligemment des dizaines d’œuvres qui nous ont fait grandir : Kaamelott, Les Nuls, la 7ème Compagnie, Dr Horrible’s Sing Along Blog, Y’a-t-il un flic… J’utilise le mot « digéré » volontairement. La Lazy Company ne nous inflige pas des références racoleuses que l’on serait même fatigués de reconnaître, elle les digère et les saupoudre à bon escient et c’est beaucoup plus agréable.

La Lazy Company emploie un savant mélange d’acteurs professionnels (oh Alban Lenoir, comme tes choix sont judicieux) et de premières fois hyper réussies (Oh Benoit Moret – ci-dessus- comme je souhaite te revoir) ce qui rend un jeu à la fois juste et naturel. Ces acteurs nous rendent les personnages si sympatiques et si particuliers que l’on se prend a réellement s’attacher à eux et souhaiter qu’ils réussissent leurs missions. Je me souviens avoir ressenti une petite émotion à la réception de leur première décoration.

Mais la première chose qui m’a marquée, ce n’est pas l’humour de merde ni le joli minois d’Alban Lenoir, c’est la musique qui traverse la série. On est bien loin des thèmes plan plan repris à l’usure dans les séries françaises. La Lazy Company nous propose un thème à la Ennio Morricone qui se décline à la fois en version comique, épique et tragique selon les besoins de la scène. C’est étonnant et particulièrement prenant. La dernière fois qu’une musique de série française m’avait autant bluffée c’était Nestor Burma, c’est dire.

Donc La Lazy Company, j’adore sans retenue. Et ça valait la peine d’être dit.

Lazy Company : les 5 premières minutes – extrait… par OCS

AP

La minute propagande : Allez quoi les mecs, ça coûte pas cher un abonnement OCS ! En plus qu’ils ont renouvelé leur contrat avec HBO et tout.

Si avec tout ça vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez écouter l’épisode 169 de l’émission Season One à laquelle on participe en compagnie d’Alexandre Letren, Nicolas Robert et Charlotte Blum.

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