Les Revenants, « Ô lac ! Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir »

Un premier regard sur la série française dont tout le monde parle dans les bas-fonds internetiens : Les Revenants. J’ai eu la chance d’assister à l’une des avant premières. Celle-ci avait lieu au MK2 Bibliothèque en présence du showrunner à la française Fabrice Gobert, de la productrice Caroline Benjo et d’une bonne partie des acteurs.

En guise de préambule, hors programmes courts, comme tout le monde, je n’ai pas beaucoup d’espoir dans la série française que la production télévisuelle telle qu’elle existe à l’heure actuelle est peu encline à recevoir. Sortie de Nestor Burma je suis du genre pessimiste et je ne donne ma chance à rien. J’avais craqué et regardé Pigalle, La nuit, et j’avais été déçue : j’y ai trouvé le jeu des acteurs peu subtil et l’intrigue alambiquée pour pas grand-chose.

Puis vinrent les Revenants. Ça fait plus d’un an que j’entends parler de ce projet un peu partout et plus j’entendais le pitch plus j’avais des doutes sur ce que ça allait donner.

–          C’est dans un village près d’un barrage. Il y a pleins de gens qui étaient morts et ils reviennent tout à coup. Mais pas comme des zombies tu vois, comme des vrais gens qui n’ont pas vieilli.

–          … Un peu comme les 4400 ?
–          Non non, ils ont pas de super pouvoirs !
–          … Un peu comme Alcatraz alors ?
–          Non non, ils étaient vraiment morts !
–          Ah.

Mon scepticisme n’avait aucune de raison d’être. Les deux premiers épisodes suffisent à convaincre n’importe quel adepte de séries télévisées. L’atmosphère est pleine de mystère et de poésie. Ces êtres qui reviennent et que l’on attend effrayants ne le sont pas. A une époque où la mode est aux zombies, Fabrice Gobert nous montrent des morts qui n’en sont pas. Ils sont des souvenirs qui se débattent pour trouver leur place dans un monde qui a avancé sans eux.

Une atmosphère nostalgique se construit par chaque détail de la production : la musique de Mogwai, le jeu très juste d’acteurs habitués au cinéma, les immenses espaces de la banlieue d’Annecy où a été tournée la série. Ces paysages verts et gris à perte de vue semblent être un personnage à part entière qui n’a pu que me faire penser aux landes des Hauts des Hurlevent. Paysages d’apparence calmes mais torturés qui convergent vers ce mystérieux barrage dont il nous tarde de découvrir le secret. Les Revenants parlent de la mort comme je n’avais encore jamais vu : omniprésente mais rejetée, redoutée, elle essaye de se frayer un chemin dans le quotidien de vivants qui l’ignorent.

Evidemment, la question que tout le monde se pose et moi la première : où vont-ils ? La question a encore été abordée avant-hier dans l’émission de Pierre Langlais sur Le Mouv’ : traumatisés de Lost, Roswell et autres 4400 justement, nous savons tous qu’une série à mystère si elle est mal pensée peut très rapidement finir dans le mur faute d’avoir décidé à l’avance d’une résolution. Lorsque la question fut posée à Fabrice Gobert lors de l’avant-première, il a déclaré que les acteurs ne savaient pas comment l’histoire devait finir mais que lui-même avait beaucoup de directions qu’il souhaiterait explorer. On entend d’ailleurs déjà dire énormément de bien du dernier épisode de la saison qui a été construit pour résoudre une grande partie du mystère.

Un mot sur les acteurs : s’il n’est pas nécessaire de parler des performances d’Anne Consigny, Fréderic Pierrot, Céline Salette et Clothilde Hesme qu’on savait depuis longtemps talentueux, Les Revenants a fait le choix difficile de faire jouer de très jeunes acteurs et les deux plus jeunes sont extrêmement convaincants. L’enfant qui suit Céline Salette et semble avoir reconnu en elle une figure maternelle est parfait sans jamais prononcer un mot et la plus jeune des jumelles, Yara Pilartz, est excellente dans un rôle de préadolescente qu’elle joue de façon très juste : ni explosive, ni niaise, très réaliste.

Pour le moment pas tout à fait convaincue par la rentrée série 2012 aux Etats-Unis, après Ainsi soient-ils et les Revenants, ma rentrée à moi pourrait bien être française. Et je pensais bien être la dernière à pouvoir dire ça.

AP

La minute langue de pute : Je ne peux m’empêcher d’ajouter tout de même que cette série hurle son désir d’exportation. Cette façon de la situer dans une ville fictive, le choix des décors (préexistants dans la banlieue d’Annecy cependant) : un American diner au milieu de nulle part et un bar billard, le Lake Pub, où se retrouvent tous les jeunes de la ville. Pourtant lorsqu’interrogés sur ce sujet, les membres de l’équipe se cachent, démentent et acceptent tout juste l’influence manifeste de Twin Peaks de David Lynch.

Interrogée également de nombreuses fois sur l’influence des 4400 sur l’histoire de la série, l’équipe dément également. Manifestement excédée par cette comparaison la productrice est même allée jusqu’à rappeler sur Le Mouv’  le 24 novembre  que Les Revenants s’inspirent d’un film de Robin Campillo sorti bien avant la série américaine et que c’était certainement celle-ci qui s’en était inspirée. Pas de bol, le film de Campillo et les 4400 sont tous les deux sortis en 2004.

Ce refus systématique de reconnaître les ressemblances évidentes avec l’univers de la fiction américaine est dommage car la série de Fabrice Gobert est parfaitement assez forte et originale pour exister aux côtés des œuvres américaines sans avoir à démentir ses influences.

La minute midinette : omg omg omg omg omg omg  Simon est trop beau Simon est trop beau Simon est trop beau. Omg omg omg

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