Glee ou le jour où une de mes séries préférées est devenue ennuyeuse

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de « faire une rencontre » avec une série. Ce que j’appelle « rencontrer » une série, c’est découvrir par hasard une série dont vous ne soupçonniez pas l’existence, tomber sous son charme dès le premier épisode parce qu’elle résonne d’une certaine manière pour vous, qu’elle suscite une curiosité et des attentes particulières.  En d’autres termes, le « coup de foudre » pour les séries. A ce moment là, on ne pense jamais que cette série peut vous décevoir, qu’elle changera, que vous changerez ( pas nécessairement au même moment) et que vous emprunterez des chemins différents. Jusqu’ici, je n’étais jamais arrivée à ce point là : on évoluait ensemble, avec des déceptions et des moments d’incompréhension mais je n’avais jamais rompu avec une de ces séries avant sa saison finale.

Ca, c’était avant de voir le début de la quatrième saison de Glee.

Je me souviens avoir été séduite par un ton décalé, des décors colorés, des personnages de  loosers mais ô combien attachants (Mr Schue et sa bagnole déglinguée, Mlle Pilsbury et ses TOC, Tina et son bégaiement), des performances musicales qui servaient l’intrigue. J’avais surtout été convaincue par une série qui ne se prenait pas au sérieux. Le ton était à l’humour et à la (bonne) absurdité des situations. La prestation du glee club initial sur « Push it » dans l’épisode 1×02 m’avait fait hurlée de rire. En clair, Glee était une série joyeuse, décalée et drôle que je prenais grand plaisir à regarder.

Au fil des saisons, je n’avais pu m’empêcher de constater que la série n’était plus la même : les épisodes me paraissaient plus longs, je riais beaucoup moins, j’étais de moins en moins surprise mais je restais au nom des bons moments passés ensemble. Mais, là, force est de constater que rien ne semble pu pareil.

« I think being popular felt a little too good. We forgot ourselves »*.

C’est ce que Tina dit dans le season premiere de la saison 4. Je n’ai pu m’empêcher d’y voir une réponse à ma complainte dans cette  méta déclaration : Tina ne parlait pas seulement de la situation du glee club mais de celle de la série. Glee semble avoir oublié qu’elle était une série, dynamique, drôle et pétillante pour devenir une série sérieuse et qui tourne en rond . Revoir (encore et toujours) les personnages courir après la gloire et la popularité alors que cela fait 3 saisons qu’à coups de « Don’t Stop Believing » et autres tubes gaguesques, ils essaient de persuader les jeunes téléspectateurs (sans se persuader eux-mêmes donc) qu’il faut s’accepter tel que l’on est est devenu ennnuyeux ! Summum de l’aveu de faiblesse : refaire un épisode (déjà pas très réussi à la base) pour en faire une version 2.0. bien médiocre. On ressert donc la même chose aux téléspectateurs sans aucune honte. ! La série savait prendre des risques : elle avait remis au goût du jour le mythique Rocky Horror Show, aujourd’hui, on nous parle de l’incontournable mais néanmoins plus consensuel Grease.

Cela sans parler du casting discount que l’on nous propose : une Quinn Fabray sans le panache et la beauté de l’originale, un Puckerman, demi-frère du premier mais qui n’atteint pas le quart de la moitié de la bad ass attitude qu’on adorait chez Puck. Je ne parlerai pas du personnage de Wade « Unique » Adams, grotesque caricature de Mercedes… La fin de la saison 3 et la graduation de certains membres du glee club était une opportunité pour se renouveler et inventer de nouveaux personnages. Le show de Ryan Murphy a préféré continuer de suivre les aventures de Kurt, Rachel et Finn plutôt que de nous recentrer sur le club de Mr Schuester. Conclusion : la vie du glee club est devenue secondaire et celle de New York se trouve être bien plus intéressante avec les underdogs Rachel et Kurt qui se trouvent confrontés à de nouvelles problématiques.

Paradoxe de la série, en ces temps de pauvreté scénaristique, on nous propose de vrais numéros musicaux aboutis. J’ai beau être scandalisée par le Brittany 2.0, les reprises de cet épisodes sont de vraies réussites. C’est d’ailleurs ce qui sauve Glee du naufrage total. A l’image de l’impeccable mise en scène du « Oops I dit it again » dans Brittany 2.0 et du « Don’t speak » de No Doubt par Finn, Kurt, Rachel et Blaine dans le 4×04, ces parenthèses musicales sont de vrais moments de bonheur dans des épisodes aux intérêts parfois limités.

En clair, il serait bon de retrouver originalité et légèreté en renouant avec le ton humoristique et caustique des premiers temps pour le reste de la quatrième saison. Si les gains financiers liés aux produits dérivés, ventes de singles sur les plateformes digitales, et tournées restent conséquents, on peut douter que cela continue longtemps si la série continue de perdre en qualité.

Minute Youssoupha : Je mets un billet sur la tête de celui qui fera taire Rachel Berry. Veuillez m’excuser mais je n’en peux plus de ses mimiques et son attitude de diva. On a déjà assisté à des suppressions de personnages injustes, je pense que celle ci aurait lieu pour le plus grand bien de tous.

JM

* Traduction : Je pense que c’était un peu trop bien pour nous d’être populaires. Nous avons oublié qui nous étions.

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